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Something’s got to give…

 

 

Hier, dimanche 5 août 2012, nous fêtions les 50 ans de la disparition de Marilyn Monroe. 

  

Et, à moins de vivre reclu au fond des bois sans radio ni presse ni télévision, on ne pouvait pas passer à côté.
Alors aujourd’hui, j’ai envie de faire une parenthèse (décidément, c’est mon truc du moment, les parenthèses) sur mon histoire avec Marilyn.

 

 
(crédit photo: Milton Greene)

 Ça remonte à 3 ans. 

D’ailleurs, la blogueuse studieuse que j’étais en avait déjà fait un post.

J’allais à l’école, et, par hasard en passant devant chez Virgin, j’ai aperçu Marilyn, dernières séances, le roman de Michael Schneider. Je ne connaissais pas grand chose de Marilyn, au delà de ses milliers de portraits figés sur papier glacé. Alors, sur une impulsion, comme ça, à 7h45 du matin, je l’ai embarqué.
J’ai commencé à le lire en classe (jeune lecteur, ce comportement ne doit pas être reproduit) et… je ne l’ai plus quitté.  

C’est là qu’a commencé ma « folie-Marilyn », comme j’aime à l’appeler.

D’ordinaire, j’aime plutôt les femmes de tête, fortes et indépendantes (je rappelle que mes précédentes égéries étaient Lou Andréas Salomé, Colette et Simone de Beauvoir… pas le même registre, donc!). La fragilité et les démons de Marilyn auraient dû être un frein à mon amour pour elle. Et encore aujourd’hui, j’ignore pourquoi elle est passée entre les mailles du filet, et pourquoi je me retrouve avec une étagère entière qui lui est consacrée dans ma bibliothèque. Je suis même allée à la Saints Peter and Paul’s Church à San Francisco, en apprenant que c’était dans cette église qu’elle avait épousé Joe DiMaggio (certainement, dans le fond, l’un de ses maris les plus amoureux, malgré ses accès de violence et leur mariage ultra court de moins d’un an: le seul à veiller son corps deux nuits avant son enterrement… et le seul à aller fleurir sa tombe pendant 20 ans.)

De tous les opus que j’ai pu lire sur Marilyn, Dernières séances est de loin celui qui m’a le plus bouleversée (eh oui, même le célébrissime Blonde de Joyce Carol Oates ne m’a pas autant marquée…) (il faudrait que je reparle de mon lien avec Oates aussi, tiens).
Schneider est un peu dur avec elle, il ne la flatte pas toujours, mais il pose sur elle un regard tendre et chaud. Je me souviens de la sensation que j’ai éprouvé toute la semaine en lisant le roman: il me semblait entendre Marilyn rire, chuchoter, pleurer à mes côtés. Je la sentais respirer, je sentais sa tiédeur, là, à quelques centimètres de moi. 

Elle est un peu timbrée, la Diglee, pensez-vous. Peut être.

Toujours est il qu’après cette lecture, je suis devenue une Marilynovore.
Et vazy que je me mate tous ses films et lise toutes ses bios, comme à peu prêt 98% des jeunes femmes dans la fleur de l’âge qui vouent un culte sans fin à la blonde peroxydée.

Et je ne cesse de me poser la même question, depuis ces 3 ans, (riches en « rebondissements Marilyniens », entre la sortie de Fragments -les écrits jusque là restés secrets de Marilyn-, le roman My Week With Marilyn et son adaptation cinéma -une merveille, d’ailleurs-, etc.): comment se rapprocher le plus de Norma Jean Baker? Est-ce par ses écrits, l’avis de son psy, celui des photographes, celui de ses amants?

Vous connaissez ma lubie du portrait, et ma quête constante de témoignages. 

Aussi je continue à me demander si la meilleure façon de s’approcher de la vérité d’un être, c’est de consulter ses propres écrits, avec le risque de déformation que cela comporte (car qui arrive à parler de soi avec justesse? Au mieux on est proche de notre intime, mais loin de ce que l’on offre à voir aux autres… Et donc, que vaut cette vérité si personne n’arrive à la déceler?) , ou de croire les avis extérieurs, qui peignent un portrait en creux, incomplet?
C’est exactement la thématique d’un projet BD que je mûris depuis plusieurs années. Le portrait.

Je trouve donc le cas Marilyn passionnant. 
Ses écrits révèlent une femme curieuse d’apprendre, cultivée (malgré les rumeurs qui la veulent tout bonnement débile) et surtout, ça ce n’est pas nouveau, très seule. 
Alors que les témoignages de certains la descendent en flèche, le traitant d’actrice pitoyable et de fille de joie à peine déguisée. « Une poupée de chiffon à la peau ni blanche ni grise, aux cheveux rêches et blancs comme de la paille », dira t’on d’elle sur le tournage de « Something’s got to give », film interrompu par la mort de l’actrice. Quelque chose devait craquer… c’était elle. 

Après toutes mes lectures, les visons de ses films et les écoutes des bandes enregistrées de ses séances chez Greenson, son psy, je me suis fait mon image de Marilyn, qui fait certainement écho à ma propre expérience (non non, je n’ai pas été abandonnée ni violée, hein, je parle au sens large) et est donc sûrement caricaturale et incomplète. Mais qu’importe.
Je pense quand même que si elle avait été une simple idiote, elle n’aurait pas bouleversé la vie de tant d’hommes (pourquoi Arthur Miller irait-il épouser une blonde sans cervelle?), elle n’aurait pas laissé cette image indélébile. Sa mort tragique aidant, on est d’accord. 
Pour moi, Marilyn est une enfant, confrontée trop jeune à la sexualité et qui donc, l’utilisera à tort toute sa vie (on me désire, donc on m’aime…).
La folie de la mère, l’absence du père (remplacé par l’image rassurante de Clark Gable, qu’elle rêvera comme son père fictif toute sa vie), l’absence de foyer (plus de 9 familles d’accueil, de ses 4 ans à ses 16 ans…) l’absence d’amour, tout simplement. Bref, on peut vite dresser un petit portrait Freudien de la jeune Norma. Mais c’est évidemment plus complexe que cela. Jusqu’à son bégaiement sur les plateaux. La lettre « m », la seule sur laquelle elle butait à chaque prise. « m » comme Maman. « m » comme « mmmmh », gémissement qui la caractérisera toute sa vie. « m » comme Marilyn Monroe.

 

Grâce à Héloïse, j’ai écouté cette semaine le passionnant feuilleton qui lui a été consacré sur France Culture (et qui a été dirigé par Michael Schneider lui-même). À écouter ici, pour ceux qui sont intéressés: c’était très juste et très bien fait.

 
(crédit photo: Milton Greene)

J’aurais pu vous faire un petit dessin, mais, pour parler de Marilyn, quoi de mieux que ses photos? 

 

 

 

Voilà, aujourd’hui, qu’elle m’agace ou me fascine…  je ne me suis toujours pas lassée de Marilyn. 

 

 

 R.I.P Norma Jean Baker

01-06-1926 / 05-08-1962 

 

 

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